Au secours des réfugiés...

A partir de 1918, la France voit arriver sur son sol les Arméniens de Turquie rescapés du génocide de 1915, le premier du XXe siècle.

L'installation des familles souvent décimées se fait dans des conditions matérielles et morales extrêmement difficiles : au traumatisme du génocide s'ajoute la difficulté de s'adapter dans un pays étranger que la solidarité familiale ne suffit pas à surmonter.


Le premier conseil d’administration de la CBAF
De gauche à droite :
Chamiram Alan – Hripsimé Baghdassarian – Dirouhie Serenguelian (présidente) – Haïgouhie Israélian – Serpouhie Khazarian

Des femmes se rassemblent alors et s'organisent pour leur venir en aide et soulager leur détresse.

Ainsi, naît à Marseille en 1919, la Croix Rouge d'Arménie, appellation qui est la sienne en Arménie indépendante.

En 1928, sous l'impulsion d'Archag Djamalian, lors de sa première assemblée générale à Marseille, l'association, devenue Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF), élit son Conseil d'Administration, composée de Mesdames Alanian, Israélian, Baghdassarian, Séringulian et Ghazarian.

Un an plus tard, elle compte déjà 13 sections et 400 membres.

La protection et l'éducation de l'enfant, l’évolution du statut de la femme, la préservation de l'identité arménienne, la solidarité communautaire et internationale, sont au centre des préoccupations de ces femmes, pionnières dans ces domaines, dont la première initiative est la création d'un centre d'action sanitaire et sociale pour enfants.


Congrès de la CBAF au milieu des années 30

Dès 1929, la CBAF commence aussi à organiser des séjours de vacances pour les déshérités, dans des lieux différents chaque année : Royan, Verney, Agen, St Georges de Didonne, Nice, Digne, etc.
Cette colonie « itinérante » se sédentarise dans le Jura en 1955, dans le village de Bellefontaine.


1935, la colonie à Royan

Concevoir, organiser, réaliser des actions, dans une conjoncture sociale difficile tiennent du défi, que relèvent des femmes courageuses et bénévoles, conscientes de la nécessité de structurer la communauté pour mieux en assurer la pérennité.

En 1935, la Croix Bleue des Arméniens de France devient officiellement une association régie par la loi de 1901.

Son oeuvre menée depuis, sur le plan national et international, l'engagement et la motivation de ses membres et la nécessité de son action, lui valent en 1986, une reconnaissance d'utilité publique qui constitue une étape importante de son évolution.

Depuis plus de 80 ans, l’association intervient dans les domaines humanitaire, social, culturel, éducatif, menant une action permanente bénévole au service de tous.